L’amour au-delà du réel

Un souffle d’originalité venu de Thaïlande s’apprête à hanter les salles de cinéma françaises à partir du 27 août. Avec Fantôme utile (Pee Chai Dai Ka), le jeune réalisateur thaïlandais Ratchapoom Boonbunchachoke signe une œuvre aussi poétique que déroutante.

Récompensé par le prestigieux Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, ce long-métrage offre une relecture radicale des récits de deuil, portée par une vision esthétique singulière et un scénario à la fois loufoque et bouleversant. Loin des conventions, Fantôme utile s’inscrit dans une nouvelle vague du cinéma thaïlandais, audacieuse et résolument tournée vers l’inattendu. 

Synopsis :  À la mort de Nat, victime d’une pollution aux particules fines, March se retrouve plongé dans une douleur insondable. Mais l’impossible survient, l’esprit de Nat revient… sous la forme d’un aspirateur. Si l’idée semble farfelue, le lien qui unit les deux époux transcende la logique. Nat, désormais une entité mécanique, aspire littéralement la poussière… mais aussi les préjugés. Face à une famille endeuillée et à une communauté rongée par le souvenir d’un drame ouvrier, March tente de faire accepter sa relation hors normes. Nat, bien décidée à prouver qu’elle n’est pas un simple spectre, se met au service de l’usine, dans l’espoir de devenir un « fantôme utile ». Entre exorcisme domestique et critique sociale, ce conte moderne mêle humour noir, satire industrielle et tendresse surnaturelle.

Formé à la FAMU de Prague et à l’Université Silpakorn, Ratchapoom BOONBUNCHACHOKE s’impose ici comme une révélation. À travers ce film, il interroge le poids du passé, les tabous culturels et les douleurs silencieuses du deuil dans une Thaïlande en mutation. Sa mise en scène, à la fois stylisée et organique, convoque autant le réalisme magique que la comédie dramatique contemporaine.

La performance magnétique de Mai Davika HOORNE, icône du cinéma thaïlandais, insuffle au personnage de Nat une grâce bouleversante, même lorsqu’elle n’apparaît qu’en voix et mouvements d’aspirateur. Face à elle, Witsarut HIMMARAT campe un March vulnérable, écartelé entre amour, mémoire et raison.

Si la métaphore de l’aspirateur fait sourire, elle révèle en profondeur une réflexion sur l’écologie émotionnelle, la rémanence des liens et la résilience. Tourné dans les zones périurbaines de Thaïlande, le film capte les ambiances brumeuses d’un pays suspendu entre modernité industrielle et croyances animistes.

Dans ce théâtre où les machines se font mémoire, où les âmes errantes demandent justice, Fantôme utile se déploie comme un étrange poème visuel, une élégie écologique et amoureuse, qui touche autant le cœur que l’imaginaire.

À découvrir dans les salles françaises dès le 27 août 2025, Fantôme utile promet une expérience cinématographique inclassable, entre rire nerveux et larmes suspendues. Une œuvre singulière, comme seule la Thaïlande sait en révéler au monde.

Fantôme utile, L’amour au-delà du réel, en salles le 27 août 2025